La Malentendue de Yolaine DESTREMAU aux éditions CHARLESTON

Aujourd’hui, je vous propose un livre qui traite d’un sujet actuel et important, les violences conjugales. Il s’agit du roman « La Malentendue » de Yolaine DESTREMAU aux éditions CHARLESTON.

Quatrième de couverture. Non, je ne suis pas une femme battue. Pas moi. Je repousse cette idée avec force. Je n’ai pas le pro l type, je ne suis pas née pour ça. Je refuse qu’on me mette dans cette boîte, celle des victimes. Je n’aime pas les victimes, je n’aime que les héroïnes.

Une brillante avocate s’apprête à plaider. Elle sait ce qu’elle a à faire, à dire, pour convaincre les jurés et la cour. Sa voix ne tremble pas, elle joue avec les mots et les silences. Elle est à sa place.

Une patiente est allongée sur un lit d’hôpital. Multiples fractures, côtes fêlées, coupures. Sous morphine, elle est incapable de se rappeler ce qui lui est arrivé. Son mari prétend qu’elle est tombée sur une table basse.

Mon avis. J’ai été très touchée par cette lecture qui à travers l’histoire de Cécilia décrit le quotidien de beaucoup de femmes victimes d’abus et de violences conjugales.

L’autrice retranscrit avec beaucoup de délicatesse et de justesse les épreuves traversées par Cécilia, notamment le déni dont elle a eu beaucoup de mal à se défaire. En effet, pour elle, elle est avocate, elle vient d’une famille aimante, elle a des amis, une vie sociale, elle ne peut pas être victime de violences conjugales. Et puis, son mari est tellement charmant, attentionné au début de leur relation que pour elle ce n’est pas possible, son mari ne peut pas être violent. Ce qui est en train de se passer n’est pas réel.

Nous ressentons également l’abandon et la solitude dans laquelle Cécilia est plongée. Son mari fait le vide autour d’elle au fur et à mesure en la coupant de sa famille et de ses amis. Tous ses proches se rendent compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ils remarquent le comportement anormal, contrôleur d’Abel. Tout le monde reconnait qu’il est étrange, un peu spécial. Nous sentons également que les parents de Cécilia essaient à leur manière d’être là pour elle mais qu’ils restent également en retrait pour ne pas la brusquer, pour ne pas qu’elle coupe complètement les ponts avec eux.

J’ai d’ailleurs été frappé par l’attitude de l’entourage de Cécilia. En effet, je sais qu’il est toujours difficile d’aider une victime de violences car en plus des violences physiques, il y a une emprise et une manipulation psychologique qui emprisonne la victime. Cependant, j’ai trouvé le comportement de son entourage assez passif. Tout le monde reconnait qu’Abel est un peu spécial et ils ressentent qu’il y a un problème dans la relation mais personne ne semble prendre conscience de la gravité de la situation et ne fait pas vraiment grand chose pour venir en aide à Cécilia. Elle est très seule et isolée.

Je n’ai pas eu vraiment l’impression qu’elle ait été aidée par ses proches. En effet, c’est plutôt sa force de caractère, l’indépendance financière procurée par son travail et l’amour de ses filles qui l’ont poussé à se sortir de cette situation.

En conclusion, j’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé très touchant et qui décrit bien les relations toxiques et les violences conjugales dont sont victimes beaucoup de femmes.

C’est un roman que j’ai également trouvé nécessaire pour rendre ces violences le plus visibles possible et aider les femmes à demander de l’aide.

Laisser un commentaire